endirectdemontevideo

Posté le Samedi 7 mai 2016

Il y a quelques années, j’avais créé le blog « la lettre du Moldave », avec un certain plaisir et quelques résonnances, puisqu’un livre est sorti, portant le même titre. Aujourd’hui, la Moldavie s’est éloignée, mais elle reste toutefois dans mon cœur (n’est-ce pas Dumitru Crudu ?). L’Amérique Latine est davantage présente dans mon esprit et dans mes projets. Je reviens de Montevideo et la littérature de toute cette zone sud-américaine me nourrit chaque jour. Car il ne s’agit pas seulement de Montevideo et de l’Uruguay, mais de tout un continent qui me paraît offrir aujourd’hui les perspectives les plus intéressantes. Ce blog répercutera toutes ces envies à travers textes et traductions dans différents domaines de la vie culturelle.

endirectdemontevideo @ 18 h 24 min
Enregistré dans Non classé
Adalber Salas Hernández

Posté le Dimanche 27 mai 2018

Adalber Salas Hernández  est né à Caracas en 1987. Poète, essayiste, traducteur, éditeur. Il a entre autres publié des textes de Marguerite Duras, Antonin Artaud, Rimbaud, Mario de Andrade. Il fait partie du comité éditorial des revues Poesía et Buenos Aires Poetry. Il poursuit un cursus universitaire à New-York.

(Histoire naturelle de la ruine : Auschwitz-Birkenau)

Quand il ne restera plus une seule personne pour se souvenir, quand notre mémoire aura perdu feuilles et fruits et que notre voix ne vaudra plus son pesant de sel, d’épices ou de cendre, quelle signification auront encore ces édifices ? Qui retrouvera derrière ces pilonnes armés de cameras, les longues files tremblantes dans la neige ? Ces côtes décharnées par la  faim ? Les découvrira-t-on avec Google Earth, ces baraques luisantes comme des crânes, ces grilles et ces barbelés si propres et polis désormais, tout au moins en sommeil, feignant l’innocence des objets abandonnés sur le fond froid de mon écran ? Vue du ciel, la terre est imperméable, lisse, boulimique. Elle n’a pas d’âge ou peut-être a-t-elle l’âge des mythes qui s’oublient parce qu’ils ne servent plus à personne. On observera tout cela sans curiosité, ni terreur, les yeux fermés par la résine de la distance, comme si le passé ne pourrait être le futur, comme si ces temps ne pourraient revenir dans les pays qui les ont connus. Comme nous serons entrain de mastiquer les entrailles de la terre et que nous n’aurons même plus un nom pour couvrir notre nudité, nous ne pourrons pas les avertir que l’histoire est un long couvre-feu qui empêche quiconque de trouver complètement le sommeil.

(extrait de La Science des adieux)

sans-titre

endirectdemontevideo @ 15 h 58 min
Enregistré dans Non classé
Juan Sánchez Peláez

Posté le Vendredi 25 mai 2018

Poète, universitaire et diplomate, Juan Sánchez Peláez s’installe au Chili en 1940 où il poursuit des études de Lettres. Il y noue des liens avec les poètes du groupe Mandragora. Il introduit le surréalisme au Venezuela et renouvelle en profondeur la poésie vénézuélienne.

Profondeur de l’amour

Les lettres d’amour que j’écrivis dans mon enfance étaient pour me souvenir d’un futur paradis perdu. Le cap incertain de mon espérance était marqué dans les collines musicales de mon pays natal. Ce que je poursuivais, c’était la biche fragile, le lévrier éphémère, la beauté de la pierre transformée en ange.

Je ne défaille plus devant la mer naufrageuse de baisers.

Je vais à la rencontre des villes :

Avec comme guide les bases d’une architecture imaginaire

Pour aliment la furie du fils prodigue

Pour ancêtres, les parcs qui rêvent sous la neige, les arbres qui incitent à la plus grande mélancolie, les bouches d’oxygène qui font trembler la brume chaude du Sud, la femme fatale dont on voit le doit s’incliner doucement sur les rives sombres.

Moi, j’aime la perle magique qui est cachée dans les yeux des gens silencieux, le poignard amer des taciturnes. Mon cœur se fait barque de la nuit et prend soin des opprimés.

Mon front est l’argile tragique, la cire mortelle des déchus, la cloche des soir d’automne, la voilure qui affronte le calme plat ou les rafales les plus déchaînées de la tempête.

Moi, je me vois face au soleil, front des baies méditerranéennes, voix qui coule d’un gazon d’oiseaux.

Mes lettres d’amour n’étaient pas des lettres d’amour, mais une solitude d’intestin.

Mes lettres d’amour furent confisquées par les faucons antillais qui traversaient les miroirs de mon enfance.

Mes lettres d’amour sont des offrandes pour un paradis de courtisanes.

Et que se passera-t-il plus tard, pour ne pas dire demain ? murmure le vieux décrépit. Peut-être que la mort aux yeux charmeurs siffle la plus belle des balades d’amour.

JSP 1979 Szinetar

endirectdemontevideo @ 15 h 27 min
Enregistré dans Non classé
Roberto Matta

Posté le Mercredi 23 mai 2018

Né en 1911 à Santiago du Chili, Roberto Matta étudie l’architecture avant de s’installer en France en 1933. Il travaille avec Le Corbusier puis à Londres avec Walter Gropius. À la fin des années 30, il voyage dans toute l’Europe. Ses nombreuses rencontres – Alberti, Garcia Lorca, Henry Moore, Magritte, Gabriela Mistral, Miro, Picasso, Neruda – vont parfaire sa formation intellectuelle, politique et artistique.

Je me demande si un Français peut se représenter  -est capable de l’effort d’imagination nécessaire pour se représenter- ce qu’est la vie d’un étranger pauvre à Paris. Surtout si cet étranger est un poète -ou un réfugié politique- et à plus forte raison un poète qui n’a pas encore découvert sa poïesis. Un naufragé dans sa mer intérieure, quelqu’un qui est exclu par le froid extérieur. Oui, qui pourrait imaginer parmi les Français une telle métèque-mathique, concevoir ce que peut être cette vie ?

Parce que cet homme, ce poète dont je parle, est vivant. Il cherche le sens de sa vie -de la vie?- sans regarder en arrière. Il a coupé le fil -il ne peut plus supporter le galop des chevaux. Pour lui tout est perplexité.

Ce qui le soutient, c’est l’intuition d’un autre réel, la transparente intuition d’une action commune possible…

Il s’agit de construire la cité des naufragés. Même si ce n’est qu’un labyrinthe avec des portes. Mais par où commencer ? Dans quelle direction le regard doit-il se porter ? En soi et en dehors de soi, tout est à faire, tout est à donner. Et les stratagèmes de Stendhal lui sont interdits puisque son sorelisme est révolutionnaire.

Revue de la N.R.F. (avril 1967)

roberto-matta-photo

endirectdemontevideo @ 12 h 53 min
Enregistré dans Non classé
Edmundo Aray

Posté le Mardi 22 mai 2018

Poète, conteur, historien, éditeur et cinéaste vénézuélien. Il est né à Maracay en 1936. Il fut directeur de la culture à l’Université des Andes et fondateur du Comité des Cinéastes d’Amérique Latine. Voici un texte qu’il écrivit pour « El Techo de la Ballena ».

Lettre à Lindon B. Johnson

Monsieur le Président Lindon B. Johnson

je ne sais si vous êtes informés

de mes plans pour le Viet-Nam

ou si McNamara en a reçu des copies.

En tout cas, je vais vous les envoyer

parce que j’ai entendu dire que le Viet-Nam vous intéresse.

J’ai lu quelques informations

sur ce que font vos gars là-bas

et ça m’intrigue beaucoup.

(Je vous ferai parvenir mes plans

quand j’aurai corrigé quelques détails,

juste un problème de virgules et d’adjectifs)

Mais déjà, Monsieur le Président,

je peux soulever quelques points,

au moins six. Veuillez me répondre

à l’adresse de ma femme

et à l’ambassade des Etats-Unis.

Vous comprendrez que les Services Secrets

de mon pays sont un peu jaloux des vôtres.

Voici les nouvelles qui me sont parvenues

(et qui sont confirmées par Bertrand Russell)

  1. d’après le New-York Herald Tribune :

« Ils ont attrapé un vietcong

et l’ont obligé à mettre ses mains sur ses joues.

Puis ils ont passé un fil de fer qui a traversé la bouche

à travers mains et joues

et ils ont fait un nœud. »

  1. Parmi les techniques pour essayer

de faire parler les prisonniers, on préconise de

couper les doigts, les oreilles, les ongles et les organes génitaux.

Un des murs de la caserne est décoré

d’un chapelet d’oreilles.

(dans mon pays, on aime aussi les décorations

mais on ne va pas jusque là)

  1. Les Américains trouvent trois vietcongs blessés.

L’un leur dit : «Toi, tu ne riras plus jamais »

et il le farcit de plomb,

puis c’est le tour des deux autres.

  1. Tous ceux qui sont passés par cette zone

ont vu des têtes maintenues sous l’eau

des gorges tranchées à la baïonnette

des bouts de bambou sous les ongles

des câbles de téléphone de campagne

reliés à des poitrines ou à des testicules

  1. Le Département de la Défense

soutient que les armes chimiques

sont d’une part une réussite

et d’autre part moins dangereuses

que les balles et les explosifs.

  1. On ne peut se promener nulle part

sans buter sur un cadavre.

J’ai entendu dire que vous alliez marier votre fille

avec un capitaine d’infanterie de marine

et je pense que, vu l’intérêt que vous portez au Viet-Nam,

vous allez l’envoyer là-bas.

4e6a52c0f95881cd3ddeda0f5a5dcec2

endirectdemontevideo @ 13 h 54 min
Enregistré dans Non classé
Antonio Azzato

Posté le Lundi 21 mai 2018

Ces derniers jours dans les rue de Madrid, il était possible de rencontrer des personnages hauts en couleurs en hommage aux « Meninas » (les demoiselles d’honneur) de Velasquez. L’une d’elles, située précisément au 72 de la rue Velasquez, est l’oeuvre du groupe Sambil et signée par le créateur et le commissaire du projet, l’artiste vénézuélien Antonio Azzato.

Antonio Azzato a révélé que cette statue représente l’union de l’Espagne et du Venezuela à travers une histoire faite d’efforts, de constance et dévouement.

800px-Las_Meninas,_by_Diego_Velázquez,_from_Prado_in_Google_Earth

Las Meninas de Velasquez

El-Grupo-Sambil,-protagonista-de-una-de-las-menina-0025648

Menina2ok

œuvres d’Antonio Azzato

endirectdemontevideo @ 18 h 13 min
Enregistré dans Non classé
Franklin Hurtado

Posté le Vendredi 18 mai 2018

Franklin Hurtado est né à Cumana en 1985. Il fit des études de Lettres à l’Université Centrale du Venezuela, où il exerce aujourd’hui. Il a été éditeur et correcteur de diverses publications. En 2012, son poème Sal a gagné le concours de Monte Avila Editores.

Quand on reprend du rhum

il nous donne le courage de devenir assassin

Derek Walcott

Finie la fête

revient la pluie

et l’eau brûle encore

 *

une bouche

sans lèvres se pose

ouverte

sur les toits

 *

mots à petites gorgées

couteaux à petites gorgées

 *

pas un remerciement

 sans-titre

endirectdemontevideo @ 14 h 59 min
Enregistré dans Non classé
Rodolfo Porras

Posté le Jeudi 17 mai 2018

Develario, de Rodolfo Porras, est la première pièce qui parle de la récente vague de violence au Venezuela, qui a coûté la vie à plus d’une centaine de personnes durant l’année 2017, dans ce néfaste épisode qu’on a appelé « Las guarimbas ». Cette pièce est écrite dans le style du roman noir ou du film noir, mais le style se rapproche davantage de Bertolt Brecht que de Raymond Chandler. C’est dire qu’il s’agit d’une œuvre politique, proche du pamphlet, mais l’auteur garde une grande honnêteté intellectuel par rapport aux faits. Ce qui est assez rare puisque chacun campe en général sur sa position idéologique  ou dans des postures philosophiques et politiques.

Dans Develario, une mère a recours aux services d’un détective privé pour faire la lumière sur la mort de son jeune fils durant une manifestation contre le gouvernement. Le fin limier contacte différents fonctionnaires de la police impliqués dans la mort du garçon. Il mène l’enquête jusqu’à, tombant fortuitement sur une photo, il s’aperçoit que c’est le propre père du garçon qui a tiré… Le final est ouvert et suscite des commentaires dans ce moment de crise que vit le Venezuela.

Ce qu’il se passe ici m’oblige à penser, à douter, à me tromper… De fait, j’ai la sensation que même les moments de satisfaction sont des échecs. Il faut dire que tout théâtre est engagé, même le plus mauvais. Il y a un théâtre engagé pour faire de l’argent, un théâtre engagé pour la religion, un théâtre engagé par la vanité ou la politique… Mais tout n’est pas compromis. (il existe une difficulté dans la mesure ou comprometido en espagnol signifie à la fois engagé et compromis…) Quand on parle de théâtre engagé habituellement, on fait référence à l’engagement politique ou militant. Moi, j’écris plutôt un théâtre d’urgence ou pamphlétaire, mais ce n’est pas ce qui m’intéresse. Je crois que le théâtre, et l’art en général, ont un engagement avec la vie, avec l’humain, la justice. Le théâtre a la capacité de rassembler l’artiste et le spectateur dans une atmosphère qui fait qu’ils se regardent et regardent l’autre avec la liberté, avec même l’amour pour l’humain et son pouvoir créateur.

Dc74LcgW4AAhayO

endirectdemontevideo @ 13 h 58 min
Enregistré dans Non classé
Octavio Paz

Posté le Mercredi 16 mai 2018

Né à Mexico le 31 mars 1914, Octavio Paz est considéré comme le plus grand poète d’Amérique latine et un théoricien hors pair de la littérature. Ambassadeur du Mexique en Inde pendant de longues années, il n’a cessé de confronter la conception occidentale de la création à celle de l’Orient. Il a dirigé Vuelta, la plus importante revue d’Amérique latine et a aussi donné des conférences dans diverses universités d’Europe et d’Amérique. Octavio Paz a reçu le prix Cervantès en 1981 et le prix Nobel de Littérature en 1990. Il est décédé à Mexico en avril 1998.

PRESENT

Sur la réverbération de la pierre

Saline verticale

Bleu violemment pétrifié

La chute continue

Du rideau (au-dehors)

la mer que le soleil assaille

Respire respire

Le sol de brique

La fenêtre la table le lit

Maintenant le bleu se tend s’étend

Soutien

Un coussin rose

Une fille

La robe de cire rouge encore chaude

Les yeux

D’attente non

Mais par la visitation à demi fermés

Elle est pieds nus

Lourd d’argent l’enlace

Rafraîchit son bras sa peau

Sur ses seins vaillants danse le poignard du soleil

Sur son ventre

Eminence imminence

Une ligne de fourmis noires

Vibration

D’un corps une âme une couleur

Du miel brûlé

Le miel noir

A l’incandescence du coquelicot

Le coquelicot noir

Tu ouvres

Les yeux tu es un soleil qui a soif

traduction de Yesé Amory

14614942

endirectdemontevideo @ 18 h 35 min
Enregistré dans Non classé
Damaso Ogaz

Posté le Mardi 15 mai 2018

 

Voici un texte de Damaso Ogaz qui fut publié en France (et en espagnol) dans la revue Discours en 1970

Sade travaille pour vous

Depuis dix ans (1957) sa proximité excessive engendrait une espèce de dysfonctionnement optique.

Pour couper le lien, il aurait fallu modifier le craquement de ses vêtements et le son de ses pas : les maisons Dior ou Chanel pouvait très bien remédier à cela.

De toute façon les aberrations des images continuaient à servir de lien.

Déjà on ne réussissait plus à faire les manœuvres indispensables pour maintenir l’équilibre permanent.

La bouche ouverte et relâchée, il sortit sa langue qu’il empoigna.

Il sentit le plaisir de l’interdit.

Respirant difficilement, il conserva les muscles de sa mandibule tendus dans un sourire gonflé de bouffées d’air.

Il s’ouvrit un œil sur le pan et le jambon et prit sa pupille.

Un trou dans la rétine.

Il la fit tourner, puis il la fit glisser brillamment sur toute la superficie de l’oeil.

Avec habileté, il la retourna pour voir sa face occulte d’un moisis un peu vert.

Ensuite il l’enfonça, il l’enfonça dans cette surface spongieuse.

(ça entrait et sortait, entrait et sortait toutes les secondes)

C’est à peine s’il effleurait ses cils.

Il ajouta un nouvel engrenage et le mécanisme fit des tours avec une intense force centrifuge.

Des mots insensés étaient soufflés dans les oreilles.

Ses doigts se tordaient.

Ses mains se crispaient.

Il prit appui sur le tapis aux arabesques vertes, il s’enroula dedans et tira la langue.

Il cracha au bord du tapis. Il brillait de tous ses cuirs.

Cette nuit même, Monsieur Anaxagora l’avertit qu’il était mouillé et qu’il était impossible d’y dormir.

(le naturalisme trop ordinaire d’Henry Miller le répugnait)

Cette opération nécessita un léger tremblement des lèvres.

Et les images d’amour se succédèrent, lisses et impersonnelles.

Ainsi cette folie le laissa pris par les pieds.

wp9c484d54_05_06

endirectdemontevideo @ 13 h 59 min
Enregistré dans Non classé
Luis Guevara Moreno

Posté le Lundi 14 mai 2018

Luis Guevara Moreno (1926-2010) fut un peintre qui travailla dans tous les domaines, y compris l’abstraction. Après des études aux Beaux-Arts, il commença par des natures mortes d’influence cubiste et par des caricatures assez humoristique. En 1945, il participa à une grève pour exiger des réformes et il fut expulsé de l’Ecole. Il se tourna alors brièvement vers la céramique. En 1948, il vint à Paris où il fréquenta l’atelier d’André Lhothe. Il fit partie, avec d’autres artistes latino-américains, du groupe des Dissidents. Entre 1951 et 1953 il participa au Salon des Réalités Nouvelles et en 1952 il exposa à l’Espace Lumière (à Paris). Durant cette période, il continua dans des études de peintures murales et de lithographie. Il passa quelques mois en Italie et en 1954, il retourna à Caracas et abandonna l’art abstrait. Il fut professeur à l’école d’architecture et il illustra divers recueils de poèmes. Il a touché avec grâce à toutes les formes d’art et son œuvre est très importante.

2

GM 12

Wh_pv_GuevaraMorenoLuis_Obra_14_Orden_1957_dn_mod

L’ordre

endirectdemontevideo @ 14 h 07 min
Enregistré dans Non classé
12345...75