Gabriel García Márquez

Posté le 17 juillet 2017

Depuis quelque temps, Mario Vargas Llosa tente de déconsidérer Gabriel García Márquez. Ils étaient pourtant, à ses dires, très amis. Ils se sont connus dans les années 1967 et une rupture eut lieu en 1976. Vargas Llosa ne veut rien en dire et, avec une prétention assez étonnante, il ajoute que ce sera aux historiens de travailler pour élucider ce qui a pu les séparer. En attendant, il ne cesse de jeter le discrédit sur son ancien collègue et ami. Notamment dans cette interview donnée le 6 juin dernier à l’écrivain colombien Carlos Granés dans le cadre d’un cours sur « Cent ans de solitude ».

García Márquez savait que beaucoup de choses allaient mal à Cuba, mais il avait l’idée que l’Amérique Latine devait avoir un futur socialiste et que de toute manière, même si Cuba ne fonctionnait pas comme il aurait fallu, Cuba était une sorte d’arête dans l’immobilisme historique de l’Amérique Latine. Etre avec la révolution cubaine était être en faveur du futur socialiste de l’Amérique Latine. Moi, je suis moins optimiste. Je crois que García Márquez avait un sens très pratique de la vie, et que dans cette période de guerre froide, il s’était rendu compte qu’il fallait mieux être avec Cuba que contre. Il évitait ainsi le bain de boue que nous recevions, nous qui adoptions une position critique. Si tu étais avec Cuba, tu pouvais faire ce que tu voulais, tu ne serais jamais attaqué par un ennemi vraiment dangereux pour un écrivain. Car ce n’est pas la droite, mais la gauche qui est dangereuse puisqu’elle a le contrôle total de la vie culturelle. Etre contre Cuba, c’était s’exposer à devoir s’expliquer, à démontrer que tu n’es pas un agent de la CIA, un réactionnaire, un impérialiste. Mon impression est que de cette façon l’amitié avec Cuba, avec Fidel Castro vaccinait García Márquez contre tous ces désagréments.

De plus, García Márquez avait une énorme fascination pour les puissants, une fascination pas seulement littéraire, mais vitale.

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De gauche à droite, Mario Vargas Llosa, Carlos Fuentes, Gabriel García Márquez y José Donoso en 1970

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