Jorge Diaz

Posté le 11 octobre 2017

Jorge Diaz est né en Argentine, mais c’est un dramaturge chilien. Jeune acteur, il joua notamment La Cantatrice chauve. Et on trouve dans son théâtre l’influence de Ionesco et de Beckett. Voici le début d’une pièce intitulée La Orgastula, écrite en décembre 1969)

 

Le rideau s’ouvre lentement. Toute la scène est blanche. On ne voit pas la transition entre la scène et le rideau de fond qui est blanc lui aussi.

Au milieu du plateau, debout et au premier plan, un homme et une femme entièrement enveloppés de larges bandes qui les unissent de façon à ne former qu’un seul corps, comme une énorme momie de laquelle émergent deux têtes. Toute la pièce se déroulera ainsi, c’est à dire dans l’immobilité complète des acteurs. Les têtes peuvent tourner si c’est nécessaire et les visages s’animer. Les bandages qui entourent les deux corps les maintiennent serrés face à face, de façon à ce qu’on ne voit aucune différence anatomique.

Au fond de la scène est assis un enfant d’environ six ans, tout de blanc vêtu. Son costume est dans le style 1900. L’enfant restera immobile durant la pièce, observant tout avec attention.

Durant un long moment l’homme et la femme émettent toute sorte de petits bruits, gémissements, ronflements, gargarismes, soupirs, rires et tout autre son guttural.

Voici le dialogue qui suit en langue originale espagnole et vous comprendrez qu’il faudrait un Jean Tardieu pour traduire cela :

MUJER Va-doJiooooo

HOMBRE ¿Vadolio yaja? . . .

MUJER Vadolio

HOMBRE ¿Inedia? . . . ¡Escorio!

MUJER Vadolio sin escorio.

HOMBRE ¿Saja, te saja guavamente? . . .

MUJER Me bisarga.

HOMBRE ¿Risa mi vanieja?

9789562841030[1]

 

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