Otto de Sola

Posté le 14 novembre 2017

UNE NOUVELLE FOIS HIER J’AI ETE VICTIME DE CENSURE SUR FACEBOOK POUR UN NU FAIT PAR UN PEINTRE VENEZUELIEN; ON ME DIT QU’IL NE CORRESPOND PAS AUX « STANDARDS DE LA COMMUNAUTE ». C’EST LAMENTABLE! Il faut voir le blog pour le croire.

 

Né en 1908 ou en 1912 suivant les biographies, à Valence (dans l’Etat de Carabobo au Venezuela) Otto de Sola fit parti du groupe “Viernes”. Il partagea sa vie entre la poésie et la diplomatie, puisqu’il fut succésivement en poste au Chili, à Paris, à Hambourg, en Yougoslavie, etc…

Il est considéré comme un des grands rénovateurs de la poésie vénézuélienne. Son apport est très important et original, à la fois surréaliste à la vision cosmique et toujours à la recherche de nouvelles formes (comme l’irruption du passé historique dans son oeuvre). Il meurt en 1975 à Palma de Majorque où il s’est fixé depuis 1968.

Les quatre siècles de Valence

 

I

 

Avant que tu naisses, race de pierre, tu étais la forêt

avec son diamant inquiet caché dans les feuilles tropicales.

L’éternité soupirait sur la cascade vide des volcans

morts.

Soufflaient sur le feu, par une nuit rouge,

les Indiens nus.

Et le feu progressait, de ses ailes perverses,

transformait les arbres en lingots noirs,

passait les fleuves en réveillant ces bêtes marines

qui s’arrachaient du poitrail toute l’obscurité.

 

Avant de naître, race de pierre, le vent arrêtait

les aigles nocturnes ;

les bons restaient là, mais les mauvais ne refermaient jamais leurs plumages

et continuaient d’emmener leurs proies dans les cavernes.

Ta race de pierre est une race de cyclones.

Dans les entrailles de la pierre endormie, le temps garde

souvent la langue des astres.

Les astres tètent

les gros seins des ténèbres

et ensuite, ayant frappé des milliers de coups pour sortir de l’obscurité

des dieux minéraux, comme des singes sauvages en deuil,

ils illuminent, ils abandonnent le suaire des morts,

et les ténèbres faites du rude contact avec la nuit,

avec la mort,

avec le fond de la mer.

 

Les astres illuminent et, en de légers mouvements,

pénètrent silencieusement les grandes feuilles de tabac,

là dans les précipices, habillés de miroirs, ils pénètrent

sans rompre

la lumineuse patrie de la rosée.

 

II

 

 

Maintenant est construite la clarté du monde.

La race de pierre aura son coeur :

Une ville? Un rêve?

Une morsure profonde du volcan?

Elle aura sa cité la race de pierre

quand arrivera l’homme

et son épaisse armure de caïman,

blanc, comme la neige, chaussé de bottes espagnoles.

sans-titre

 

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