Juan Calzadilla

Posté le 13 février 2018

JuanCalzadilla2Peintre de la parole et poète plasticien, comme certains le surnomme, Juan Calzadilla est né a Altagracia de Orituco, dans l’Etat de Guarico en 1931. Il est reconnu comme créateur visuel et un écrivain prolifique. Il se considère lui-même comme « un sujet imparfait, anormal, qui a passé plus de cinquante ans de sa vie à jouer. Et pire encore, qui joue son destin en continuant à jouer jusqu’à la fin. » Voici un poème qu’il écrivit pour la revue « El Techo de la ballena » en 1964.

Décisions

Entre sa vie et ses actes il n’y a qu’un pas

qu’il n’a jamais fait

Sa marche est lente à la limite

de la perte d’équilibre

Il fait une halte alors qu’il devrait être arrivé

Il prend les chemins de traverse, pas les routes nationales

Ses échecs se doublent d’un pénible aplomb

Il écarte les faits d’un pied distrait

Il n’aime rien tant que ce que le hasard et logique

refusent de reconnaître

Il se dissout dans une alternative de la taille

d’une boule de feu

Son esprit ne porte pas d’ailes, pas même dans les rêves

Son pain n’est pas d’un grand secours

il est de consommation publique

Sa parole est le silence des chiens

Il s’éloigne de l’abîme et va vers le danger

Il s’éloigne du danger et va vers l’abîme

Son désespoir est visible à vol d’oiseau

Il ne possède que ce qu’on garde pour le jeter aux bêtes

Il doit recommencer sa vie chaque jour

obligé de la partager avec lui-même

Continuellement il baisse la garde

La splendeur de la tempête est son état normal d’extase

Sa vérité casse comme du sucre

ou mieux c’est un puits d’eaux noires

Il a la grandeur de ce qui se traîne sur le sol

(Les Contradictions surnaturelles)

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